Historique
Située au cœur de la Baie-des-Chaleurs, entre mer et montagnes, la municipalité de Carleton-sur-Mer est un endroit de villégiature par excellence. Ville hôtesse de nombreuses festivités au cours de dernières décennies (Fête du Saumon des années 1960 et 1970, Festivoile des années 1980, etc.), elle a su charmer bon nombre de touristes de passage. Avec toute la joie de vivre, l’enthousiasme et la chaleur qui les caractérise, les citoyens de Carleton-sur-Mer ont toujours accueilli à bras ouverts ces fêtes populaires qui favorisent à la fois le bien-être de la communauté, les échanges culturels et l’achalandage touristique.
Au début des années 1990, s’appuyant sur cette tradition, les intervenants culturels locaux discutent de la consolidation et du développement des acquis dans le domaine des arts. En 1993, Maximum 90, diffuseur de spectacles en petites salles, désire élargir son mandat en mettant sur pied une grand fête musicale : le Festival Maximum Blues. Bien qu’à cette époque, le blues n’occupe qu’une place négligeable dans la Baie-des-Chaleurs, la première édition du festival s’impose comme événement marquant de l’été. On présente alors durant cinq jours, sous un chapiteau pouvant accueillir 1 000 personnes, les meilleurs artistes québécois du blues. À ces derniers, se joignent une variété d’artistes locaux qui animent les bars, cafés et restaurants de la municipalité.
À la nombreuse clientèle touristique qui visite déjà régulièrement notre région s’ajoute alors une nouvelle cohorte de visiteurs : celle des amateurs de blues. Au départ, ces gens proviennent principalement des régions de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et du Nouveau-Brunswick.
En 1994, le Maximum Blues récidive avec une programmation un peu plus prestigieuse. La réponse du public, dont la provenance s’élargit aux villes centres du Québec, amène déjà chez les organisateurs le rêve d’une manifestation d’envergure internationale.
Fort des succès des deux premières éditions, le comité du festival présente des artistes venant des États-Unis et d’Europe lors de sa 3e édition. On note aussi une augmentation de l’achalandage sur le site, lequel se transforme avec l’ajout d’éléments d’animation.
Tout en maintenant le cap de la programmation internationale, le comité organisateur innove en 1996 en présentant une chorale de gospel à l’église de Carleton-sur-Mer. L’accueil est tel pour ce genre de spectacle qu’il est toujours à l’affiche aujourd’hui. Déjà à cette époque, on constate que le site enchanteur du festival, soit la plage municipale, est devenu le rendez-vous estival par excellence de la Baie-des-Chaleurs.
Après quatre années d’efforts louables à implanter le festival à Carleton-sur-Mer, Maximum 90 s’en retire. S’implique alors une nouvelle équipe de bénévoles ayant à cœur de maintenir vivante la fête du blues, devenue non seulement une occasion de rassemblement populaire et pacifique, mais aussi un apport non négligeable au développement économique de son milieu.
Sous les recommandations des diverses instances locales (municipalité, chambre de commerce, corporation de développement économique, organismes culturels, entre autres) et pour des raisons d’autonomie, des démarches sont entreprises pour l’obtention d’une charte légale, laquelle sera accordée en avril 1997.
La composition d’un conseil d’administration représentatif du milieu, l’implantation d’une structure d’encadrement, l’intégration de clubs sociaux, le regain d’enthousiasme des principaux partenaires économiques et publics devant la nouvelle orientation du Maximum Blues sont des facteurs qui ont contribué à son développement.
Toujours en 1997, année du 5e anniversaire du festival, force est de constater que plusieurs réalisations ont vu le jour depuis la naissance du Maximum Blues.
L’achalandage, qui croît à un rythme rapide et constant, force la mise en place de services auxiliaires afin de satisfaire les besoins des festivaliers : bars, restauration, kiosques de ventes, dépanneur, etc. Une deuxième scène, extérieure celle-là, est mise en place. Elle se veut au départ une fenêtre pour les artistes gaspésiens, mais elle se transformera au fil des ans pour offrir des spectacles de toutes provenances.
Une programmation pour les enfants est offerte sous un chapiteau pouvant accueillir théâtre, musique, contes et activités en arts visuels. L’installation d’un camping d’appoint, situé au barachois, permet de loger davantage de festivaliers. Plusieurs immobilisations sont acquises par la Corporation de Maximum Blues, principalement des équipements de site afin d’améliorer la structure d’accueil. En 1998, le premier d’une série de disques Maximum Blues « Live » est lancé et se veut un clin d’œil aux artistes de blues gaspésiens qui en font la promotion lors d’une tournée régionale.
À l’occasion du 10e anniversaire, en 2002, un jumelage avec le Sunflower River Blues and Gospel Festival de Clarksdale, Mississippi est réalisé. Le but est de faire circuler des artistes entre deux communautés dans un cadre d’échange culturel. C’est ainsi qu’en septembre 2002, une délégation de 25 personnes, comprenant 13 artistes dont la porte-parole du projet, Nanette Workman, se rend à Clarksdale et y présente deux spectacles.
En juin 2003, le journal La Presse classe le Maximum Blues comme étant l’un des dix événements de l’été au Québec.
Forte de la notoriété du festival qui s’étend hors des frontières du Québec, la Corporation du Maximum Blues s’illustre surtout sur le plan du développement et de l’innovation de la programmation artistique. Elle produit des artistes de renommée internationale et adopte un modèle de programmation qui offre différents styles de blues dans le but de combler les attentes des différentes clientèles.
En 2007-2008, le festival sort des sentiers battus en offrant des spectacles de musique qui sont davantage de type « grand public » avec des artistes pop de l’heure (Jonas, Les Respectacles, Anick Jean…). En 2009, le Maximum Blues retrouve ses racines blues tout en respectant la nature familiale et accessible du festival. La nouvelle équipe de la corporation donne un regard neuf à l’événement et souhaite ardemment la satisfaction de l’ensemble des parties prenantes (bénévoles, artistes, festivaliers, commerçants…). Le prix d’une entrée sur le site inclut l’accès à tous les spectacles qui y sont présentés. Le festival désire, par cette nouvelle mesure, démocratiser l’accès aux spectacles.






